Quand la dépression suspend le contact :
Une approche en Gestalt.
Quand la dépression suspend le contact :
Une approche en Gestalt.
Les états dépressifs peuvent se vivre comme des sables mouvants : plus la personne tente de s’en extraire seule, plus elle s’enfonce dans une perte de vitalité. Le monde paraît lointain, le corps se fait lourd, et le temps semble figé. Dans ce ralentissement, le processus de contact avec soi, avec l’autre devient fragile, comme suspendu.
Pour la personne, c’est comme si la source de la souffrance demeurait introuvable. Le mal-être se vit dans un circuit fermé, opaque, où il devient impossible de nommer ce qui fait douleur. Quelque chose pèse, s’amasse, tasse le corps vers le bas. Une lourdeur indéfinissable qui s’impose, sans que l’on puisse en localiser l’origine. Comme si la souffrance elle-même se retirait de toute signification accessible.
Ce retrait marque souvent l’expression silencieuse d’un besoin profond de lien, d’être accueilli, reconnu dans sa souffrance. La douleur elle-même est une forme de vie, un signal que quelque chose cherche à se dire.
Dans mon accompagnement, je m’appuie sur une approche phénoménologique et relationnelle, qui considère l’état dépressif non pas comme un trouble isolé, mais comme l’expression d’un blocage dans l’élan de vie. Car dans ces moments-là, il se vit une impossibilité à sentir ou actualiser ses désirs, ses besoins, comme si le lien à soi et à l’autre ne pouvait plus émerger ou trouver une forme vivante.
Pour moi, il s’agit d’être dans une présence sincère face à cette souffrance, et de chercher avec vous où le contact avec soi et avec l’autre s’est perdu.
Dans cet espace sécurisé, peu à peu, des micro-mouvements émergent : une sensation retrouvée, une émotion qui se dit. Ces signes discrets sont accompagnés avec respect, douceur et attention. C’est dans cette qualité de présence que peut se réouvrir le chemin d’une mise en mouvement au rythme de la personne, dans le respect de sa dignité et de sa singularité.